Climat : n’oublions pas nos enfants…


C’est une image, un graphique tout simple pour replacer la taxe carbone dans son contexte. Il ne dit pas si elle est socialement juste ou injuste, mais il montre l’effort qui attend nos enfants !

Le débat actuel sur la taxe carbone montre (malheureusement) notre (manque de) maturité par rapport au problème du changement climatique. L’objet de mon propos n’est pas d’en rajouter pour savoir si cette mesure est juste ou injuste, ce débat n’aura probablement pas de conclusion !

Je voudrais plutôt revenir sur un élément qui me semble essentiel et trop souvent mis de côté : le chemin qui nous mène jusqu’à l’objectif final. Car la taxe carbone n’est qu’un outil supplémentaire de l’arsenal destiné à stabiliser la situation.

C’est ici que devrait prendre place un vrai débat : l’arsenal dont nous disposons va-t-il permettre de stabiliser la situation ? A ce jour, la réponse à cette question n’est malheureusement pas oui.

Pour stabiliser la situation, la France doit réduire ses émissions d’environ 425 Mt éq. CO2 entre 1990 et 2050 (ce qui correspond au ‘facteur 4’). Nous les avons déjà réduites de 32 Mt en 17 ans, soit environ 1,9 Mt/an.

D’ici 2050, il reste donc à réduire de 393 Mt en 42 ans, soit environ 9 Mt/an. Nous devrons donc aller environ 5 fois plus vite d’ici à 2050 que depuis 1990 !

En image, cela donne ceci :

 

chemin-1990-2050
Les petits points noirs, c’est ce que nous avons déjà fait… Les flèches bleues, ce qu’il reste à faire !
Le chemin à parcourir sera de toute façon plus difficile pour nos enfants (2030-2050) que pour nous (1990-2030).La force de l’action individuelle !

Le Bonus-Malus automobile mis en place par Jean-Louis Borloo a permis de réduire les émissions de CO2 d’environ 180 000 tonnes en 2008 ; la baisse de 1% des kilomètres parcourus (soit 120 km par conducteur) aurait permis une réduction d’environ 600 000 tonnes.

Un faible engagement individuel (réduire de 1%) tenu par TOUS est donc nettement plus performant qu’une action phare mise en place par le gouvernement.

Favoriser l’action individuelle mais associant tout le monde est donc un puissant moyen (probablement incontournable) pour consolider nos chances d’atteindre l’objectif final.

Préférer la croissance et le confort d’aujourd’hui au climat de demain revient à détourner à notre profit le climat du monde de nos enfants.

Encore faut-il en avoir conscience. D’ou la nécessité d’informer très largement le public le plus large de manière objective et factuelle, et de ne pas laisser quelques personnes remettre en cause ce qui est acquis sous prétexte que nous ne savons pas tout.